samedi 14 avril 2018

Jean-Louis Etienne : "Dans mes pas"


Jean-Louis Etienne est médecin, spécialiste de nutrition et de biologie du sport.

Jean-Louis Etienne
Il est connu, entre autres, pour ses expéditions en Himalaya, au Groenland, en Patagonie, en Arctique : il a été le premier homme à atteindre le Pôle Nord en solitaire en 1986, et en Antarctique, notamment la Transantarctica, réalisée en 1989-1990. Voir ici.

Jean-Louis Etienne est un infatigable défenseur de la planète qui a mené plusieurs expéditions à vocation pédagogique pour faire connaitre les régions polaires et comprendre le rôle qu'elles jouent sur le climat.


Dans "Dans mes Pas", publié en 2017 aux Editions Paulsen, à travers une suite de récits vifs et personnels, Jean-Louis Etienne nous explique comment la marche, ce temps avec soi qui structure l'esprit, lui a permis de s'affirmer tout au long de sa vie et a fait de lui un homme libre.

"Toute ma vie, j'ai marché. 
En ville, à la campagne ou durant mes expéditions.
Je mesure aujourd'hui ce que la marche m'a apporté sur tous les plans, physique, mental, affectif.
J'ai toujours en mémoire les émotions que la marche, à la juste mesure du temps, avive..."


"Marcher, c'est parcourir, découvrir, penser, arpenter, fuguer, migrer, manifester, errer.
Marcher, c'est être seul, en foule, libre, c'est tendre vers un but.

Marcher, c'est le mouvement, le rythme, le souffle, la présence au monde.
Marcher, c'est mettre en oeuvre nos pieds, nos jambes, notre ventre, notre cervelet, notre corps entier.

Marcher, c'est être vivant. C'est tracer son chemin."




"Rien ne sert de crapahuter dix heures non stop tous les 36 du mois. Mieux vaut opter pour un petit tour une fois par jour.
La marche s'accommode parfaitement avec la régularité, pour se transformer en rituel."


"Cela balise l'existence, philosophe-t-il, votre organisme a tout à y gagner...Poser un pied devant l'autre est la solution la plus simple pour garder la pêche!"

De fabuleux petits textes sur la marche! ... Alors, marchons!


vendredi 16 février 2018

"L'intérêt de l'enfant" de Ian McEwan


Ian McEwan, le "Maître des lettres anglaises" est né en 1948 à Aldershot : il est romancier et scénariste.

Ian McEwan

Dès le début des années 1980, Ian McEwan s'impose sur la scène littéraire britannique avec deux recueils de nouvelles : First Love, Last Rites (1975, prix Somerset Maugham), et In-Between the Sheets (1978).
Mc Ewan s'y montre fasciné par la perversion et l'interdit.

Insolite et insolente, provocatrice, hautement originale, l'oeuvre de Ian McEwan surprend par ses tours de force de concision et d'humour. 
Il joue avec les énigmes, tant policières que psychologiques.

L'Intérêt de l'Enfant , paru en 2014 est publié chez Folio en avril 2017.


A l'âge de 59 ans Fiona Mayes est une brillante magistrate de la Haute Cour de Londres où elle exerce en tant que juge spécialiste du droit de la famille.

Passionnée par son travail, elle en délaisse sa vie personnelle et son mari Jack, surtout depuis une nouvelle affaire:

Adam Henry, un adolescent de 17 ans atteint de leucémie risque la mort, car les croyances religieuses de sa famille, Témoins de Jéhovah, interdisent la transfusion sanguine qui pourrait le sauver.

Avant de rendre son jugement, Fiona décide brusquement de se rendre à l'hôpital pour rencontrer le jeune homme, mais cette entrevue la trouble ...

Dans un style limpide, Ian McEwan construit une de ces ambiances oppressantes dont il a le secret.

Les certitudes se dérobent : où commence et où s'arrête l'intérêt de l'enfant ?

L'éthique, la religion et la loi s'entremêlent avec virtuosité et profondeur dans ce roman écrit avec une maîtrise impressionnante.

On ne quitte pas facilement ce livre écrit avec une intensité rare.

Voir ici son passage à La Grande Librairie à propos de ce roman.

A noter son dernier livre : Nutshell, paru en 2016 et publié chez Gallimard en 2017 (Dans une coque de noix) : où un foetus mène l'enquête...


vendredi 9 février 2018

Kamo No Chômei : Notes de ma cabane de moine


Il s'agit là d'un court récit autobiographique d'une limpide simplicité, rédigé en 1212 par Kamo No Chômei, fils d'un prêtre shintoiste.


Ce petit livre est publié en 2010 aux Editions Le Bruit du Temps (80p, 11€) :  voir ici.

Kamo No Chômei

Ces notes s'ouvrent par le constat de l'universelle précarité de la vie humaine.

Il relate tout d'abord les différentes calamités auxquelles il lui a été donné d'assister: ouragans, incendies, transfert de la capitale de Kyoto à Fukuhara, famines, tremblement de terre.

Autant de raisons de sentir avec intensité "l'impermanence de toutes choses en ce monde, et la précarité de sa propre vie."

Que faut-il donc faire pour goûter un instant le contentement du coeur?

Il vient à l'idée de Chômei de se construire un ermitage : ses demeures deviennent plus modestes à mesure qu'il vieillit, jusqu'à la "toute petite bicoque" posée à même le sol où il passe ses dernières années.

Modèle de la cabane de Kamo No Chômei
dans le Monastère de Shimogamo-Jinja près de Kyoto

Il y vit une vie fruste, agrémentée de poésie et de musique; il contemple les paysages.
Il a emporté quelques livres et son biwa - une sorte de luth.

Kamo No Chômei et son biwa

Il ne cache pas ses moments d'émotion, voire de tristesse : "il mouille sa manche de ses larmes" lorsqu'il entend le cri des singes et songe à ses amis disparus...

Il témoigne de ses progrès sur la voie du bouddhisme, du détachement et de la sagesse intérieure : "J'assimile ma vie à un nuage inconsistant, je n'y accroche pas mon espoir et n'éprouve pas non plus de regrets."

"Ce récit est un mémorial plein de fraîcheur et de sentiment que l'on pourrait comparer aux livres de l'Américain Thoreau." Paul Claudel.



samedi 3 février 2018

Charles Wagner : La vie simple


Charles Wagner est né le 3 janvier 1852 à Vibersviller, en Moselle et est mort le 12 mai 1918 à Neuilly-sur-Seine.

Charles Wagner

La famille Wagner, une famille de pasteurs luthériens s'installe en 1854 à Tieffenbach, en Alsace.
A la mort de son père, en 1859, l'enfant fut élevé par sa mère et son grand-père pasteur et partagea la rude vie des paysans alsaciens à Ottwiller.

Il fit ensuite ses études aux  Facultés de Théologie Protestante de Paris et de Strasbourg.
Il prit son premier poste pastoral à Barr, en Alsace, dans le Bas-Rhin, puis il prit un ministère dans les Vosges, à Remiremont et ensuite à Paris.

Sa théologie moderne, libérale et indépendante l'éloigne de toutes les orthodoxies : "Je ne suis ni catholique ni protestant ni juif, mais un peu tout cela à la fois, non en sceptique qui rit de tout, mais en croyant qui croit plus que ce que contiennent les formules."

Il pratique un christianisme chaleureux, prend la défense des faibles, lutte contre les injustices et les exclusions.

Son influence s'accroit rapidement tant auprès des intellectuels parisiens que des ouvriers des faubourgs.

Il créera le Temple Protestant du "Foyer de l'Âme", une église réformée de tendance libérale, dans le 11° Arrondissement à Paris, dans une rue qui porte désormais son nom (7bis rue du Pasteur Wagner) à côté de la Bastille.

Temple protestant du "Foyer de l'Âme"

En novembre 1911, il invite au "Foyer de l'Âme"Abdu'l-Baha Abbas le chef Persan de la foi baha'ie, promoteur d'une religion universelle.

Poète et conférencier remarquable et renommé, il commence sa carrière littéraire en 1890 avec Justice, Jeunesse, l'Ami, Sois un Homme, etc, mais c'est surtout La Vie Simple (1895), qui le fit connaitre à un large public, et même en dehors des frontières françaises.

Il s'agit là d'un livre, certes "daté", mais on arrive vite à s'approprier à sa lecture, un message universel, proche des messages bouddhistes et taoïstes, eux aussi "datés", quant aux conditions d'une vie intérieure riche et d'un accès au"bonheur"dans notre époque troublée, et passablement déboussolée.

La plupart de ses livres sont traduits en anglais.


En 1904, à la demande du Président Theodore Roosevelt, qui avait lu une traduction de La Vie Simple, Charles Wagner s'embarque pour une tournées aux Etats-Unis où il donnera 150 conférences et restera deux mois. 


Il fut reçu à la Maison Blanche et Roosevelt déclara : "S'il y a un livre que je souhaite voir lire par notre peuple entier, c'est "La Vie Simple" de Charles Wagner".

"Puissent ces pages, en se répandant ramener l'attention de beaucoup de nos contemporains sur le premier de tous les sujets : l'emploi et l'organisation de la vie.
Et puissions nous, en méditant sur ce problème des problèmes, arriver à comprendre que le bonheur, la force et la beauté de l'existence ont pour une grande part leur source  dans l'esprit de Simplicité".

"La joie n'est pas dans les objets, elle est en nous".

"Souviens toi de l'essentiel, oublie l'accessoire" (Charles Wagner)

Charles Wagner laisse l'empreinte de l'un des grands guides spirituels de son temps et nous laisse une leçon de vie essentielle toujours valable pour notre époque.

Ce livre, dans son édition de 1902, peut être consulté gratuitement ici.


mercredi 31 janvier 2018

N'espérez pas vous débarrasser des livres : Jean-Claude Carrière et Umberto Eco


Nous avons là un livre d'entretiens entre Jean-Claude Carrière et Umberto Eco menés par Jean-Philippe de Tonnac et publié chez Grasset en 2009 (330p).


De quoi s'agit-il ? 
D'un combat d'arrière garde entre septuagénaires aigris qui pleurent la disparition de leurs chers livres?
Ah, le bon vieux temps où l'un se penchait sur des parchemins et où l'autre écrivait des scénarios avec Buñuel...

Jean-Claude Carrière (né en 1931)

Umberto Eco (1932-2016)

Il s'agit d'un regard rétrospectif sur l'apport du livre à notre civilisation et d'une réflexion sereine sur l'apport du numérique, ses avantages, mais aussi ses inconvénients.

Ils rappellent à juste titre les problèmes de conservation que posent les supports électroniques que l'on croit pérennes, bien à tort : l'informatique se périme à une vitesse vertigineuse.
L'un des chapitres s'intitule d'ailleurs : "Rien de plus éphémère que les supports durables".

L'ouverture culturelle de nos deux protagonistes, humanistes passionnés, est absolument fabuleuse, et c'est ce qui fait, on s'en doute, l'intérêt de cet ouvrage à la fois drôle et érudit.


Le gai savoir : rarement l'expression nietzschéenne se sera aussi bien appliquée qu'à ce livre ... sur les livres!

Nous traversons cinq mille ans d'histoire du livre à travers une discussion érudite et humoristique, savante et subjective, dialectique et anecdotique, curieuse et goûteuse.

Les titres des chapitres sont savoureux... sans parler de leur contenu : "Notre connaissance du passé est due à des crétins, des imbéciles et des adversaires" ; "Eloge de la bêtise" ; "Livres sur l'autel et livres en "Enfer"; ou, plus sérieusement : "Que faire de sa bibliothèque après sa mort?"

En ces temps d'obscurantisme galopant, la "furia littéraire" de ces deux passionnés est peut-être le plus bel hommage qui se puisse imaginer à la culture de l'esprit, et l'antidote le plus efficace au désenchantement!






vendredi 8 décembre 2017

Quand Jean d'Ormesson faisait l'éloge de Simone Veil


Deux personnalités remarquables, deux "immortels", ont disparu en 2017 : Jean d'Ormesson, le 5 décembre, et Simone Veil, le 30 juin.

Jean d'Ormesson, parfois surnommé Jean d'O, fut élu à l'Académie Française en 1973 au 12° fauteuil, celui de Jules Romains.

Jean d'Ormesson
16/6/1925 - 5/12/2017

Simone Veil  fut élue en 2008 à l'Académie Française au fauteuil N°13, qui fut celui de Pierre Messmer, de Paul Claudel, de Pierre Loti et de Racine.

Simone Veil
13/7/1927 - 30/6/2017

C'est Jean d'Ormesson qui prononça un discours juste et remarquable, en réponse au discours non moins remarquable de Simone Veil, lors de sa réception à l'Académie Française, le 18 mars 2010.


Extrait :
...
"La première réponse à la question posée par une popularité si constante et si exceptionnelle est liée à votre attitude face au malheur. Vous avez dominé ce malheur avec une fermeté d'âme exemplaire. Ce que vous êtes d'abord, c'est courageuse - et les Français aiment le courage.
Vous avez des convictions, mais elles ne sont jamais partisanes. Vous les défendez avec force. Mais vous êtes loyale envers vos adversaires comme vous êtes loyale envers vos amis. Vous êtes un modèle d'indépendance. Plus d'une fois, vous trouvez le courage de vous opposer à ceux qui vous sont proches et de prendre, parce que vous pensez qu'ils n'ont pas toujours tort, le parti de ceux qui sont plus éloignés de vous. C'est aussi pour cette raison que les Français vous aiment.
Avec une rigueur à toute épreuve, vous êtes, en vérité, une éternelle rebelle. Vous êtes féministe, vous défendez la cause des femmes avec une fermeté implacable, mais vous n'adhérez pas aux thèses de celles qui, à l'image de Simone de Beauvoir, nient les différences entre les sexes. Vous êtes du côté des plus faibles, mais vous refusez toute victimisation. Quand on vous propose la Légion d'honneur au titre d'ancienne déportée, vous déclarez avec calme et avec beaucoup d'audace qu'il ne suffit pas d'avoir été malheureuse dans un camp pour mériter d'être décorée.
La clé de votre popularité, il faut peut-être la chercher, en fin de compte, dans votre capacité à emporter l'adhésion des Français. Cette adhésion ne repose pas pour vous sur je ne sais quel consensus médiocre et boiteux entre les innombrables opinions qui ne cessent de diviser notre vieux pays. Elle repose sur des principes que vous affirmez, envers et contre tous, sans jamais hausser le ton, et qui finissent par convaincre. Disons-le sans affectation : au coeur de la vie politique, vous offrez une image républicaine et morale.
Il y a en vous comme un secret : vous êtes la tradition même et la modernité incarnée. Je vous regarde, Madame : vous me faites penser à ces grandes dames d'autrefois dont la dignité et l'allure imposaient le respect. Et puis, je considère votre parcours et je vous vois comme une de ces figures de proue en avance sur l'histoire.
Oui, il y a de l'énigme en vous : une énigme claire et lumineuse jusqu'à la transparence. Elle inspire à ceux qui ont confiance en vous des sentiments qui les étonnent eux-mêmes. Vous le savez bien : ici, sous cette Coupole, nous avons un faible pour les coups d'encensoir dont se méfiait Pierre Messmer. L'admiration est très répandue parmi ceux qui se traitent eux-mêmes d'immortels. Nous nous détestons parfois, mais nous nous admirons presque toujours. Nous passons notre temps à nous asperger d'éloges plus ou moins mérités : nous sommes une société d'admiration mutuelle, que Voltaire déjà dénonçait en son temps. Cette admiration, vous la suscitez, bien sûr, vous-même. Mais, dans votre cas, quelque chose d'autre s'y mêle : du respect, de l'affection, une sorte de fascination. Beaucoup, en France et au-delà, voudraient vous avoir, selon leur âge, pour confidente, pour amie, pour mère, peut-être pour femme de leur vie. Ces rêves d'enfant, les membres de notre Compagnie les partagent à leur tour. Aussi ont-ils choisi de vous prendre à jamais comme consoeur. Je baisse la voix, on pourrait nous entendre : comme l'immense majorité des Français, nous vous aimons, Madame. Soyez la bienvenue au fauteuil de Racine qui parlait si bien de l'amour."

vendredi 10 novembre 2017

Léon Bloy, imprécateur par amour


Léon Bloy, né le 11 juillet 1846 est mort le 3 novembre 1917, il y a 100 ans.



C'est un romancier, essayiste français, et polémiste célèbre, fils d'un franc maçon et d'une ardente catholique.
Il s'appelait lui-même "le mendiant ingrat", ou "le pèlerin de l'absolu".

La rencontre avec Barbey d'Aurevilly sera pour lui l'occasion d'une profonde conversion intellectuelle, qui le ramène à la foi catholique.

Imprécateur, et pamphlétaire "par amour", comme il se nommait lui-même, Léon Bloy est l'écrivain de l'excès, de la démesure, de l'engagement total.

Il consacra sa vie et son oeuvre à la défense des pauvres, à la dignité de l'homme, à l'amour de Dieu, à la figure du Christ.


Il n'eut de cesse d'attaquer "le bourgeois", cet homme "qui ne fait aucun usage de la faculté de penser".

Il s'en prend, au nom de cet Absolu, aux politiques, aux écrivains, aux journalistes, aux athées et aux chrétiens eux-mêmes, qu'il attaque avec une violence magistrale.

Un siècle après sa mort, il est urgent de reprendre contact avec l'oeuvre immense de cet écrivain si singulier qui ne voyait pas qu'il fut possible d'écrire autrement "qu'au seuil de l'Apocalypse ".

Le premier roman de Léon Bloy, "Le Désespéré"(1887), largement autobiographique, est un pavé dans la mare de tous les conformismes.


Ce livre est un cri de révolte, un "amoureux blasphème", un pamphlet au vitriol contre la foule des "digérants" républicains et la "Grande Vermine des Lettres".

La langue de Léon Bloy est étonnante, magique, en un sens, barbelée de mots rares, étrangement mystique et d'une surprenante modernité et qui traduit de façon émouvante l'inquiétude spirituelle propre à tout être humain.

"La Femme Pauvre" est un grand roman poétique, magnifiquement écrit, dominé par l'image du feu, qui glorifie la femme, et qui revisite un vieux thème chrétien qui consiste à faire de la pauvreté une voie vers la rédemption.


"La Femme Pauvre" parvient à la lumière lorsque, dépouillée de tout, elle est laissée à la totale solitude et à la misère absolue.
Au delà de toute tristesse et de tout malheur humain, elle accède à l'univers spirituel et "sa continuelle prière est une torche secouée contre les puissants...".

J'ai pris beaucoup de plaisir, mais beaucoup plus que celà, j'ai été interpelé par son Journal I (1892-1907) où nous sautent en pleine figure les colères, les peurs, les exaltations d'un pèlerin de l'absolu : ses mots frappent, font sursauter, interrogent.


Léon Bloy se lance avec véhémence dans le déchiffrement de ce qu'est l'homme, il le fouille sans aucune complaisance, met à nu ses faiblesses, ses souffrances...

Ce pamphlétaire mystique intransigeant est à relire de toute urgence, dans notre époque "communicante", abâtardie, et qui ne cesse de se chercher, désespérément.